160 pages, 130 X 200 mm
Genre : récit
Littérature française

Époque: XXe siècle
ISBN : 979-10-92613-44-5
Distribution nationale : Hachette

Marie-Claude Maran-Scref

Line

Parution : décembre 2016

Line en est certaine : elle épousera un homme qui ne boit pas, travaille dur et ne dépense pas tout l'argent du ménage au bistrot. Un homme sérieux et droit, comme peut-être ce Raymond au regard franc qui lui fera un jour, du moins elle en rêve, franchir la barrière après avoir fermé définitivement la porte sur les mystères de la rue Jules Ferry.

L'auteur s'immerge dans la relation intime qu'elle a eu avec sa mère et nous conduit à la rencontre de cette femme. On se prend au jeu de la découverte d'un personnage dans son époque.

Agrégée de lettres c’est avec un style délicat, tout en pleins et en déliés, que Marie-Claude nous livre ce récit, émaillé à la façon d'Annie Ernaux des petites choses de son enfance.

Clic : L'auteur présente son livre sur "Les Ateliers d'écriture Elisabeth Bing"

 

15.00 euros

(PORT GRATUIT)

"Je viens de recevoir une lettre très chaleureuse d'Annie Ernaux.
Elle m'assure notamment que j'ai réalisé pleinement mon vœu de redonner corps et chair à ma mère avec ma seule écriture. Et elle m'encourage à continuer d'écrire."
C'est toujours mieux quand ce n'est pas l'éditeur qui le dit !

Marie-Claude en dédicace lors d'un café littéraire réussi.

  

Commentaires   

0 #4 Alain Mascarou 13-01-2018 09:45
Marie-Claude MARAN-SCREF : Line, récit (Chum, 15 €).
Si elle n’avait pas écrit, Marie-Claude Maran-Scref aurait dessiné, gravé, enluminé. Elle part de l’humble, de l’ignoré, de l’obscur, qu’elle cadre, stylise, dans son pittoresque révélé,
sans que la succession des motifs n’altère une vue d’ensemble. Elle dégage des lignes de force au gré d’un tracé minutieux qui n’est pas sans rappeler l’entrecroisement des traits de Rembrandt et redonne leur mystère à l’ombre et à la lumière.

La première de ces lignes de force est indiquée d’entrée par le pacte d’écriture, pacte de vie et de mort passé entre la mère disparue et sa fille, entre celle qui a donné la vie et celle
qui à partir de ce don, de « cette liane d’amour » qu’elles créent, construit son œuvre de manière si fusionnelle qu’on puisse hésiter sur l’identité de qui voit, qui parle. « Je », « tu », « elle », désignent parfois la mère dans le texte filial, et l’ambivalence des référents forge une écriture de l'imbrication qui défie la séparation. Les deux premières scènes juxtaposent la vision intra-utérine de la fille et celle de sa mère morte, et tout l’enjeu du livre sera de donner du sens à cette « tremblante horreur » de l’arrachement.

Pour cela, la survivante dispose d’un atout, de cette langue maternelle si bien nommée,
filtrée par la voix aimée, qui a pu lui en transmettre les sucs divers, aussi étranges parfois que les traces du patois occitan de la grand-mère limousine ; une langue charnelle jamais
séparée des lieux et des circonstances de son incarnation, qui colore de ses intonations dictons, comptines, chansonnier, en fait une langue privée dont au chevet de l’agonisante la fille retrouve spontanément l’usage.

Ce filtre de la voix, c’est son écriture à elle, la mère, celle qui lui permet de dominer l’anxiété commune aux deux, comme elle a pu, par ses récits à son fils, atténuer l’absence
du père prisonnier de guerre. Mais elle va aussi initier sa fille au traçage des lettres, lui permettre de créer son propre filtre, de remédier à sa façon à l’anxiété en partage. Et c’est
l’autre ligne de force du livre, que cette écriture de l’écriture qui loin d’être gratuite, d’être portée par le pacte initial, revêt une nécessité vitale. En contrepoint du mimétisme parfois
douloureux entre mère et fille va s’affirmer un mimétisme libératoire, à partir des lectures assimilées, qui permet à celle qui écrit de « dresser en personnage » la figure que sa
proximité voilait. Cela, en faisant appel à des topos, comme le romanzetto des amours parentales qui évoque un récit médiéval — il n’y manque même pas le topos de la
pastourelle avec, dans le rôle du chevalier, un fringant G.I. fraîchement débarqué en Île- de-France. La bergère restera fidèle à son berger captif en Silésie.
Or c’est de cet effacement devant le modèle que vient ici l’affirmation d’une œuvre.

Rappelons-nous l’apprentissage dans l’établi maternel où l’enfant «dessine des lettres», des «boucles dressées comme des lances », comme répondant par avance à l’injonction future. Certes, il y a la frustration de la jeune adulte : « Quand on est installé dans le petit et le gentil, il est difficile de viser le grand et l’important ». Il n’empêche qu’une figure d’auteur va émerger de cet anonymat, subi ou non. Elle se manifeste dans la cohérence, la justesse des images qui convergent en lignes de lumière, tout en réaffirmant le pacte de départ. Mais l’image-pivot, qui nous restitue à l’imaginaire médiéval et sacré, c’est celle du manteau de la Vierge de Miséricorde et des orants qu’il abrite, au nombre desquels on pourrait identifier l’auteur, tout en reconnaissant son écriture dans cette chape d’amour où s’enlacent les chiffres d’une mère et d’une fille.

Alain MASCAROU
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0 #3 André G. 20-10-2017 06:15
Je viens de terminer « Line » de M-Cl Maran-Scref. Un style parfaitement maîtrisé et un texte qui use de la litote pour dire l’émotion et l’amour tout en évitant totalement le pathos. Un beau travail d’écriture pour un sujet à la fois délicat et essentiel. Bravo à l’auteure.
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0 #2 Savinien 04-02-2017 07:22
Les tableaux touchants d'une vie simple, avec ses moments drôles, tendres ou tristes. Un témoignage d'amour à une mère tel que chacun aimerait pouvoir écrire. L'auteur retranscrit avec délicatesse ces souvenirs, dans des instantanés du passé comme si elle nous montrait, le temps d'un moment privilégié, les histoires cachées derrière un album de photos familial. Ceux-ci nous touchent par leur sincérité et parce que ces souvenirs, ces émotions, sont d'une certaine façon aussi un peu les nôtres.
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0 #1 Rocamboleps 17-01-2017 14:32
Un récit court mais très prenant. De nombreux allers-retours entre le vécu de l'auteur et celui de sa mère. Celle-ci en devient un personnage attachant comme beaucoup de ces mères ''courage'' qui ont connu la guerre, l'exode, le fait de se retrouver seule à élever le premier enfant... L'écriture est sobre, particulièrement travaillée. Certains passages sont très durs, comme tous ceux qui tournent autour de la fin de vie de la maman. Mais il y a tous les moments ''bonheur'' de l'enfance, dans de courts chapitres bien composés, même s'ils peuvent paraître candides. Une première oeuvre de qualité qui gagne à être connue. Je la conseille vraiment à tous ceux qui aiment les histoires simples, émouvantes - ici, celle d'une famille modeste de la banlieue parisienne - sur une période allant surtout de la dernière guerre à nos jours .
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