LE BRUIT et la MÉMOIRE

Florence Dalbes-Gleyzes

25 mars 1993 : Élisabeth Wagner, bientôt majeure, entre dans le cabinet d’une psychiatre renommée. Elle vient y poser trois « bombes », sachant qu'il y aura des retombées. Jeune fille surdouée, elle voudrait changer son destin ou mieux encore, celui du monde. « Est-ce que je dois commencer ici par le burn-out, ou par le cahier à spirale, ou par le carnet violet ? Dois-je commencer par le 8 mai 1945, Christophe Colomb, Hitler, l’affaire du petit Grégory… ou par monsieur Salin ? »

À son récit, s’ajoutent ceux de trois autres femmes dont les vies sont en lien avec la sienne. Les voix de sa mère, de sa psychiatre et de sa meilleure amie s’entremêlent, de 1958 à 2006, racontant l’après-guerre, les hommes, les lâches, les fourbes, les héros, décrivant des femmes, blessées, fortes, rebelles. Il est question ici d’incidences, de folie, de pouvoir, d’un parcours de vie sans cesse détourné.

Ce roman, construit comme un puzzle, dresse le portrait de femmes dont les sensibilités exacerbées donnent au monde une lumière presque magique.

Prix

18.00 euros

(Port gratuit)

11.99 euros

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Infos

288 pages
130 X 200 mm
Littérature française
Roman
Époque: XXe siècle

Mars 2018
ISBN : 979-10-92613-57-5
Distribution Hachette

Auteur

Florence Dalbes-Gleyzes

Documentaliste en établissement scolaire, elle connait la littérature et fait partie des auteures montantes de sa génération

Résumé

Les pièces d'un puzzle, éparpillées sur plusieurs générations, vont s'encastrer les unes dans les autres au fil des récits intimes de quatre femmes. Les cahiers qu'elles ont rédigés seront explosifs lorsque la mèche sera allumée

extrait

Le bruit et la mémoire

 

Commentaires   

0 #3 Ô Grimoire 06-06-2019 07:12
Il se trouve que, je le sais depuis des années, les histoires de famille ont tendance à me perdre facilement. Je ne comprend pas grand-chose aux relations familiales, et rien ne me semble plus abscons qu’un arbre généalogique. Du coup, du strict point de vue de l’histoire, j’ai rapidement perdu le fil précis… Mais ce n’est en réalité pas très grave, parce que ce n’est pas réellement le sujet de ce livre, ni, surtout, son intérêt premier.

Son premier intérêt, c’est la façon dont il est écrit. L’écriture est plutôt sobre, mais avec des fulgurances qui lui donnent une ampleur remarquable. En quelques mots, vous passez d’un sentiment à un autre, d’une sensation à une autre. Si j’ai finalement opté pour la citation qui figure en haut de cette page, j’ai longtemps hésité avec une autre, qui, justement, illustre cela :

« Je ne pense pas réussir ma seconde. Je ne sais pas pourquoi. À cause peut-être de ce bruissement que j’entends la nuit. Je me bouche les oreilles, mais rien n’y fait. Les oiseaux sentent venir les raz-de-marée. Je suis un oiseau. » (p. 111)

On commence prosaïquement. Elisabeth Wagner, le personnage pivot du livre se préoccupe de sa scolarité. Et puis on entre dans un autre monde, celui du bruit, du bruissement. Et, en deux phrases brèves, on est projeté en pleine poésie. Ah, ce « Je suis un oiseau » ! Avec ces quatre mots, on est emmené ailleurs : nous aussi, nous devenons des oiseaux, qui survolons le monde, dont nous percevons les catastrophes à venir !

Et puis il y a le poids de la transmission. Ce que nous croyons essayer d’éviter à nos enfants et que, finalement, nous leur imposons. Et il y a des signes, ou ce que nous interprétons comme tels : notre besoin de croire qu’il y a un ordre, une raison à ce qui nous arrive, nous amène parfois à considérer que certaines choses étaient déjà en germe ici et là…

Le personnage de Marion Salin est également très riche. Une psychiatre en colère, voilà qui n’est pas courant dans la littérature. Et pourtant, ils sont humains, comme nous tous, et ressentent donc les mêmes émotions. Qu’ils soient souvent capables de les percevoir, de les interpréter, et, du coup, de les maîtriser mieux que nous ne les abstrait pas du risque d’être débordés.

Enfin, je termine par le début. Car le titre du livre est intrigant. Pourquoi cette association du « bruit » et de la « mémoire », deux notions que rien ne relie véritablement ? Le bruit, le bruissement, est très présent dans ce livre, et, pourtant, c’est la mémoire, la transmission qui l’emporte. Pourtant, la mémoire, c’est plutôt des faits débarrassés de leur bruit ; le bruit, ce serait plutôt ce qui gêne la mémorisation. Alors, le « et » qui les relie, est-ce un « et » qui relie ou qui oppose ? Je n’ai pas de réponse, seulement mon ressenti…

En fait, ce qui est intéressant avec ce livre, c’est que l’on ne ressort pas exactement le même de sa lecture que l’on était avant. Et est-ce que ce n’est pas cela, le signe ultime d’une lecture qui nous marque ?
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0 #2 Catherine Berthon 03-02-2019 20:32
Un très beau roman qu'on n'a pas envie de lâcher et une très belle écriture. On pourrait craindre de se perdre dans les allers et retour dans le temps, et entre les personnages mais il faut se laisser aller et l'histoire coule toute seule...
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0 #1 Catherine Mariuzzo 17-05-2018 07:22
Tout d’abord merci aux éditions Chum et à la voie de Calliopé de m’avoir permis de découvrir ce très beau livre. Le Bruit et la Mémoire de Florence Dalbes Gleyzes. Ce livre aurait pu s’appeler l’effet papillon ou il n’y a pas de hasard. C’est un livre de femmes c’est-à-dire que les personnages principaux sont des femmes et que les hommes ont vraiment le mauvais rôle. Nous suivons la vie ou plutôt les vies de 4 femmes la mère (qui a écrit depuis son enfance des petits carnets intimes que découvre sa fille) la fille donc qui poursuit sans le savoir le destin de sa mère puis elle découvre les petits carnets. La meilleure amie de cette jeune fille et la psy qui va la suivre. Mais tous ces destins sont finalement entremêlés. Quel est le lien de cause à effet entre toutes ces personnes ? L’une d’entre elles prétend qu’elle est là pour redresser les torts et faire en sorte qu’elles se retrouvent toujours ? est-ce un rêve ou la réalité ? Est-ce que la vie de l’une peut se retrouver dans la vie de l’autre ? Bref un très beau roman où l’on suit ces 4 vies et où dans le livre aussi nous passons de l’une à l’autre sans forcément voir le lien qui ne nous sera finalement dévoilé qu’à la fin. Je vous le conseille vraiment.
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