Transparence

C'est plus de 60 000 titres ont été publiés chaque année dont 2 500 pour la région PACA (source Agence Régionale du livre)

Dans ces pages vous saurez ce que nous pouvons faire en matière de diffusion et quelles sont nos limites.

Vous découvrirez aussi pourquoi la diffusion peut être un mirage pour vous et un danger pour nous.

Nous recevons un grand nombre de manuscrits, des auteurs nous sollicitent, mais, curieusement, ils sont très peu nombreux à acheter un des livres de notre catalogue. C’est pourtant là qu’ils auraient une idée précise de ce que nous faisons.

Tous les livres de notre catalogue sont disponibles sur demande dans toutes les librairies physiques en France, Belgique, Suisse et Canada et dans les librairies en ligne (Fnac, Cultura, Decitre, Chapitre, Amazon...)

Les versions numériques sont disponibles dans une centaine de librairies en ligne.

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  • Le contrat d'édition
    <p style="margin:0px 0px 10px;color:#666666;font-family:Helvetica, sans-serif;font-size:12px;background-color:#ffffff;">=&gt; Vous ne trouverez pas dans notre contrat cette clause dite de "préférence" qui enferme l'auteur pendant 5 ans chez le même éditeur pour des livres du même genre et lui interdit de solliciter une autre maison d'édition. A la contrainte, nous préférons la fidélité basée sur la reconnaissance du travail déjà accompli ensemble.</p> <p style="margin:0px 0px 10px;color:#666666;font-family:Helvetica, sans-serif;font-size:12px;background-color:#ffffff;">=&gt; Votre contrat est, à la virgule près, celui <strong>réalisé par le Conseil Permanent des Écrivains (CPE) et préconisé par la Société des Gens de Lettres (SGDL).  ce contrat est conforme aux nouvelles dispositions légales entrées en vigueur le 1<span style="font-size:9px;line-height:0;vertical-align:baseline;">er</span> décembre 2014, issues de l’accord-cadre signé le 21 mars 2013 entre le SNE (Syndicat national de l’édition) et le CPE.</strong></p> <p style="margin:0px 0px 10px;color:#666666;font-family:Helvetica, sans-serif;font-size:12px;background-color:#ffffff;"><strong> L'article 12 est important : <em>exploitation permanente et suivie de l’œuvre sous forme imprimée précise les obligations de l’éditeur qui doit :</em></strong></p> <p style="margin:0px 0px 10px;color:#666666;font-family:Helvetica, sans-serif;font-size:12px;background-color:#ffffff;">1/ présenter l’ouvrage sur les catalogues ;</p> <p style="margin:0px 0px 10px;color:#666666;font-family:Helvetica, sans-serif;font-size:12px;background-color:#ffffff;">2/ indiquer sa disponibilité dans les bases de données interprofessionnelles (par exemple Electre, Dilicom, etc.) ;</p> <p style="margin:0px 0px 10px;color:#666666;font-family:Helvetica, sans-serif;font-size:12px;background-color:#ffffff;">3/ rendre disponible l’ouvrage dans une qualité respectueuse de l’œuvre ; </p> <p style="margin:0px 0px 10px;color:#666666;font-family:Helvetica, sans-serif;font-size:12px;background-color:#ffffff;">4/ livrer les commandes des libraires dans des délais raisonnables.</p> <p style="margin:0px 0px 10px;color:#666666;font-family:Helvetica, sans-serif;font-size:12px;background-color:#ffffff;"> </p> <p style="margin:0px 0px 10px;color:#666666;font-family:Helvetica, sans-serif;font-size:12px;background-color:#ffffff;">Nous respectons ces prescriptions à la lettre. Nous pouvons vous adresser un exemplaire vierge du contrat que vous signerez si nous vous éditons.</p> <p style="margin:0px 0px 10px;color:#666666;font-family:Helvetica, sans-serif;font-size:12px;background-color:#ffffff;">En cas d'hésitation, questionnez le service juridique de la Société des Gens de Lettres (SGDL) dont l'objet est la défense des intérêts des auteurs.</p>
  • La diffusion, un piège...
    <p style="margin:0px 0px 10px;color:#666666;font-family:Helvetica, sans-serif;font-size:12px;background-color:#ffffff;">POUR EN FINIR AVEC LE FANTASME DE LA DIFFUSION NATIONALE.</p> <p style="margin:0px 0px 10px;color:#666666;font-family:Helvetica, sans-serif;font-size:12px;background-color:#ffffff;">En avant propos je souhaite rappeler ce que Paul Otchakovsky Laurens (P.O.L Editeur) dit : "C'est à l'auteur de défendre son livre."</p> <p style="margin:0px 0px 10px;color:#666666;font-family:Helvetica, sans-serif;font-size:12px;background-color:#ffffff;"><strong>Ce que croient les auteurs ?</strong></p> <p style="margin:0px 0px 10px;color:#666666;font-family:Helvetica, sans-serif;font-size:12px;background-color:#ffffff;">Que leur livre va se trouver dans toutes les librairies de France parce qu’ils ont été acceptés par un éditeur... il est légitime d’avoir cette espérance, cette envie. Personne n’écrit pour soi seul. C’est parfois vrai avec les grandes maisons (encore faut-il y entrer), mais pas toujours. Seuls sont vraiment vendus ceux sur qui la maison met beaucoup d’argent en promotion. Pour les autres, ils espèrent que le bouche-à-oreille fonctionnera. On ne peut pas miser sur tous les tapis verts en même temps.</p> <p style="margin:0px 0px 10px;color:#666666;font-family:Helvetica, sans-serif;font-size:12px;background-color:#ffffff;">Entre vous et le lecteur, il y a des acteurs économiques qui se moquent de ce que vous avez écrit. Il font du business. Ce n’est pas le cas de l’éditeur puisqu’il vous a choisi, selon ses propres critères.</p> <p style="margin:0px 0px 10px;color:#666666;font-family:Helvetica, sans-serif;font-size:12px;background-color:#ffffff;">Une fois édité par une petite maison, serez-vous présent en libraire ? Oui et non.  Oui parce que votre livre pourra être commandé et retiré dans n’importe quelle librairie et non parce qu’il n'y sera pas physiquement.</p> <p style="margin:0px 0px 10px;color:#666666;font-family:Helvetica, sans-serif;font-size:12px;background-color:#ffffff;"><strong>Comment fonctionne cette fichue filière du livre ?</strong></p> <p style="margin:0px 0px 10px;color:#666666;font-family:Helvetica, sans-serif;font-size:12px;background-color:#ffffff;">L’éditeur et l’auteur ont un intérêt commun : que leurs livres soient lus.</p> <p style="margin:0px 0px 10px;color:#666666;font-family:Helvetica, sans-serif;font-size:12px;background-color:#ffffff;">Pourquoi alors ne pas s’inscrire dans la logique économique de l’édition ? Simplement « parce que les autres veulent pas. Les autres ils disent comme ça… »</p> <p style="margin:0px 0px 10px;color:#666666;font-family:Helvetica, sans-serif;font-size:12px;background-color:#ffffff;">Les autres ce sont les grands groupes éditoriaux qui tiennent le marché et qui n’ont aucun intérêt à ce que d’autres s’interposent dans un business qui marche très bien pour eux. Ils détiennent les clés de l’édition, de la diffusion, de la distribution et parfois même du vendeur final.</p> <p style="margin:0px 0px 10px;color:#666666;font-family:Helvetica, sans-serif;font-size:12px;background-color:#ffffff;">Prenons quand même l’hypothèse que nous avons été acceptés par un diffuseur national. Comment les choses vont-elles se passer ?</p> <p style="margin:0px 0px 10px;color:#666666;font-family:Helvetica, sans-serif;font-size:12px;background-color:#ffffff;">Le diffuseur va envoyer en plus des commandes spontanées de vos copains, « l’office ». C’est-à-dire, toutes ses nouveautés et donc votre roman. Mais il va recevoir ça de tous les éditeurs, et comme il parait 5000 titres nouveaux par an, le libraire qui a besoin de vendre pour couvrir ses charges devra faire un choix. C’est là que les soucis commencent.</p> <p style="margin:0px 0px 10px;color:#666666;font-family:Helvetica, sans-serif;font-size:12px;background-color:#ffffff;">Entre d’Ormesson, Chattam, Pancol, Nothomb et machin ou truc, qui croyez-vous qu'il va choisir ?</p> <p style="margin:0px 0px 10px;color:#666666;font-family:Helvetica, sans-serif;font-size:12px;background-color:#ffffff;">Voici ce que m’a écrit il y a peu un intervenant, Michel R. qui connait bien le métier :</p> <p style="margin:0px 0px 10px;color:#666666;font-family:Helvetica, sans-serif;font-size:12px;background-color:#ffffff;"> <strong><em>"Bien sûr je connais les difficultés des petites maisons. Être dans l'office (*) ne garantit pas la présence dans les librairies. J'en connais beaucoup qui n'ouvrent pas les cartons. De plus les commerciaux trient également. Si un livre contient dans sa 4e de couverture des références à une région, ils chargent cette région, mais font l'impasse sur le reste du territoire. Si vous n'appartenez pas au 20 premières maisons d'édition tout en étant dans l'office le livre ne sera pas mis en rayon. Il dort dans les cartons jusqu'au jour du retour."</em></strong></p> <p style="margin:0px 0px 10px;color:#666666;font-family:Helvetica, sans-serif;font-size:12px;background-color:#ffffff;">Le retour c’est-à-dire le droit donné aux libraires de retourner les invendus au diffuseur-distributeur qui les retournera à l’éditeur ou les enverra au pilon. Le taux de retours est estimé entre 60% et 70%. L’éditeur va supporter l’intégralité du poids financier de l’opération (imprimerie, acheminement aller et retour). Il paiera pour 100 livres, mais ne fera du chiffre d’affaires que pour 30.</p> <p style="margin:0px 0px 10px;color:#666666;font-family:Helvetica, sans-serif;font-size:12px;background-color:#ffffff;">À ce jeu seuls les « gros » peuvent tenir parce qu’ils ont des locomotives qui absorbent ces coûts, d’ailleurs tout ça est calculé d’avance (voir l’article : le droit de retour, machine à broyer).</p> <p style="margin:0px 0px 10px;color:#666666;font-family:Helvetica, sans-serif;font-size:12px;background-color:#ffffff;"><strong>Que pouvons-nous faire pour survivre au milieu de tout ça ?</strong></p> <p style="margin:0px 0px 10px;color:#666666;font-family:Helvetica, sans-serif;font-size:12px;background-color:#ffffff;"> Ne compter que sur nous-mêmes !  Je suis chaque fois désolé de devoir m’appuyer sur la bonne volonté des auteurs dont ce n’est pas le rôle pour qu’ils fassent des salons et des dédicaces. Je ferais volontiers autrement, mais je n’ai pas d'autre choix. Les autres non plus.</p> <ul style="margin:0px 0px 10px;padding:0px 0px 0px 20px;color:#666666;font-family:Helvetica, sans-serif;font-size:12px;background-color:#ffffff;"> <li><em>Les petits éditeurs n’ont pas de diffuseur national . En auraient-ils un que ça ne résoudrait pas tout.</em></li> <li><em>Les livres sont déclarés dans les bases de données qu’utilisent les libraires.</em></li> <li><em>Ils sont référencés dans les grandes librairies en ligne (amazon, cultura, fnac, decitre, chapitre…).</em></li> <li><em>Nous participons à des salons, nous y invitons nos auteurs lorsque c’est possible.<br /></em></li> <li><em>Des dédicaces dans les librairies dans l'ensemble plutôt accueillantes.</em></li> <li><em>Leur version numérique est diffusée dans une centaine de points de vente sur internet.</em></li> </ul> <p style="margin:0px 0px 10px;color:#666666;font-family:Helvetica, sans-serif;font-size:12px;background-color:#ffffff;"><em>Lorsque vous voyez sur le site d’un petit éditeur : diffusion nationale, il s’agit de l’inscription de votre titre dans les bases de données Dilicom et Electre, pas plus.</em></p> <p style="margin:0px 0px 10px;color:#666666;font-family:Helvetica, sans-serif;font-size:12px;background-color:#ffffff;">Bien sûr dans ces conditions, pourquoi ne pas s’auto-éditer. Pourquoi pas, en effet, c’est la mode d’écrire. Tellement simple avec un ordinateur. </p> <p style="margin:0px 0px 10px;color:#666666;font-family:Helvetica, sans-serif;font-size:12px;background-color:#ffffff;">L’éditeur qui vous a accompagne tout au long du processus de publication et de présentation (direction d’ouvrage, mise en page, réalisation de couverture, référencement, conversion en version numérique…) est un filtre. Il vous sort de la multitude dont les lecteurs avertis ne savent que penser. C’est important, un livre d’éditeur bénéficie d’une meilleure image. Pour un lecteur, c’est déjà un gage de qualité.</p> <p style="margin:0px 0px 10px;color:#666666;font-family:Helvetica, sans-serif;font-size:12px;background-color:#ffffff;">Et beaucoup de salons n’ouvrent plus leurs portes aux auto-édités. </p> <p style="margin:0px 0px 10px;color:#666666;font-family:Helvetica, sans-serif;font-size:12px;background-color:#ffffff;"><strong>Alors,</strong> p<strong>ourquoi suis-je éditeur ?</strong></p> <p style="margin:0px 0px 10px;color:#666666;font-family:Helvetica, sans-serif;font-size:12px;background-color:#ffffff;"> Il m’arrive de me poser la question. Je crois simplement parce que j’aime ça ! Pas tout, comme dans tout métier, mais la relation avec les auteurs, la direction d’ouvrage, aboutir depuis un manuscrit à un objet fini en fond et en forme, oui j’aime ça !</p> <p style="margin:0px 0px 10px;color:#666666;font-family:Helvetica, sans-serif;font-size:12px;background-color:#ffffff;">Et soyez sûr que je ne m’enrichis pas autrement qu’intellectuellement. Je ne perçois aucune rémunération, sous quelque forme que ce soit. Les marges des éditeurs sont très faibles (encore une idée reçue qui veut que les éditeurs sont opulents sur le dos des auteurs), à peine plus que celle des auteurs, mais nous avons des charges d’entreprise à acquitter (TVA, contribution foncière, etc.).</p> <p style="margin:0px 0px 10px;color:#666666;font-family:Helvetica, sans-serif;font-size:12px;background-color:#ffffff;"> </p> <p style="margin:0px 0px 10px;color:#666666;font-family:Helvetica, sans-serif;font-size:12px;background-color:#ffffff;"><span class="s1">Notre catalogue est disponible sur commande dans toutes les librairies physiques et en ligne.</span></p> <p style="margin:0px 0px 10px;color:#666666;font-family:Helvetica, sans-serif;font-size:12px;background-color:#ffffff;"><span class="s1">La distribution est assurée par HACHETTE LIVRES, 1 avenue Gutenberg, 78310 Maurepas</span></p> <p style="margin:0px 0px 10px;color:#666666;font-family:Helvetica, sans-serif;font-size:12px;background-color:#ffffff;"><span class="s1"><img src="http://www.chumeditions.com/images/logos_sites/Hachette.jpg" alt="" width="228" height="71" style="border:1px solid rgba(0,0,0,.1);vertical-align:middle;height:auto;margin:12px 1px 12px 0px;padding:3px;background:rgba(255,255,255,.26);" /></span></p>
  • Le droit de retour,...
    <p style="margin:0px 0px 10px;color:#666666;font-family:Helvetica, sans-serif;font-size:12px;background-color:#ffffff;">Source : Actualitté - L'univers du livre [www.actualitte.com]</p> <hr style="height:0px;margin-top:20px;margin-bottom:20px;border-right:0px;border-bottom:0px;border-left:0px;border-top-style:solid;border-top-color:#eeeeee;color:#666666;font-family:Helvetica, sans-serif;font-size:12px;background-color:#ffffff;" /> <p style="margin:0px 0px 10px;color:#666666;font-family:Helvetica, sans-serif;font-size:12px;background-color:#ffffff;"></p> <table border="0" style="border-spacing:0px;border-collapse:collapse;max-width:100%;background-color:#ffffff;color:#666666;font-family:Helvetica, sans-serif;font-size:12px;width:730px;height:634px;"> <tbody> <tr> <td valign="top" width="60%" style="padding:1em;"> <div>Ma rencontre récente avec un jeune homme porteur de quelques questions sur le métier d’éditeur, qu’il entend embrasser - ô courageux inconscient ! -, m’a fait prendre conscience de<strong> la complète hébétude des béotiens quand on leur parle de « retours ». Qu’est-ce que c’est que cette bête-là ? </strong>Tout simplement une très grosse branche sur laquelle sont assis éditeurs, diffuseurs et libraires (de neuf), et que chacun d’entre eux s’emploie, à sa place, à scier avec application.<br /><br />Cette histoire commence plus ou moins lorsque la Librairie générale française - filiale de Hachette - crée en 1953 de la collection Le Livre de Poche, qui lança réellement ce format en France<strong>. Pour faire passer la pilule aux libraires, qui rechignaient à vendre ces bouquins mal imprimés - et dont le prix faisait baisser les recettes, surtout -, Hachette proposa un « droit de retour »…<br /></strong><br /> <table cellspacing="2" cellpadding="0" align="right" style="border-spacing:0px;border-collapse:collapse;max-width:100%;background-color:transparent;width:148px;height:198px;"> <tbody> <tr> <td style="padding:0px;"><a class="lightbox" href="http://www.actualitte.com/images/news/15144.png" style="background:transparent;color:#7aa371;"><img class="img_news" src="http://www.actualitte.com/images/news/v-15144.png" alt="" style="border:0pt none;vertical-align:middle;height:293px;margin:12px 1px 12px 0px;padding:3px;background:rgba(255,255,255,.26);width:140px;" /></a></td> </tr> <tr> <td style="padding:0px;text-align:right;"><strong><span style="font-size:smaller;"><em>Saturne dévorant un de ses fils (Peter Paul Rubens, 1637).<br />Museo Nacional del Prado, Madrid</em></span></strong></td> </tr> </tbody> </table> Le diffuseur passait un contrat(1) avec les libraires : ceux-ci recevaient les nouveautés du LdP, mais avaient le droit, après un délai convenu, de retourner les invendus ; un peu sur le modèle des détaillants de presse, en somme. <strong>D’ailleurs, comme ces derniers, pour certains titres, ils n’avaient même pas besoin de renvoyer les livres eux-mêmes, il leur suffisait d’expédier à Hachette les couvertures arrachées pour être crédités des « retours ». </strong>Les PUF pratiquaient aussi cet arrachage de couvertures pour leurs Que sais-je. Harlequin le pratique encore.<br /><br />Le cycle que l’on commença ainsi à caresser allait vite devenir vicieux. Bientôt tout le monde se mit à proposer des « offices », et la pratique s’étendit aux ouvrages brochés en grand format. Tous ces contrats comportaient un « délai de garde ». Pour faire court : <strong>les libraires n’avaient pas le droit de retourner les ouvrages avant trois mois et, après un an, le diffuseur considérait que les livres ne pouvaient plus être retournés.</strong><br /><br />Je vous épargne le casse-tête comptable qui consiste à savoir qui finance qui, dans la mesure où les uns payent à 60 jours fin de mois, les autres à 90 jours, les retours étant crédités 60 jours après leur reconnaissance, et…<strong> Bref, je vous assure que ce n’est pas triste !</strong><br /><br />Une fois disparue la génération de libraires qui avait vu naître ces changements dans les pratiques commerciales, leurs successeurs prirent ses usages comme allant de soi, alors que cette caractéristique est unique dans le monde du commerce, qu’elle conduit à des aberrations grotesques. <strong>Par exemple, lorsque vous entrez aujourd’hui dans une librairie de neuf, 80 % des livres que vous avez sous les yeux n’appartiennent pas au libraire, mais aux diffuseurs avec lesquels il est en compte.</strong> Et encore s’agit-il là d’une bonne librairie, car alors les 20 % restant représenteraient le « fonds ». Ce qui est loin d’être la norme.<br /><br />De mon point de vue, l’un des effets pervers de la loi Lang(2) fut d’augmenter encore ces incongruités. Une fois la loi votée, le 10 août 1981, le prix était donc fixé par l’éditeur, et imposé sur tout le territoire, quel que soit le point de vente - avec les impossibilités que cela suppose : quid de la librairie martiniquaise ? La seule façon d’augmenter sa marge consista donc pour le libraire à obtenir de meilleures remises auprès du diffuseur. Lequel avait dès lors beau jeu de leur en proposer de plus importantes… à condition qu’ils acceptassent plus d’offices, offices qui allaient s’étendre désormais à quasiment toute la production, et à - pratiquement - tous les diffuseurs.</div> <div><strong>Ils permirent surtout aux diffuseurs - et derrière eux aux éditeurs qu’ils diffusaient - de mieux rationaliser leur gestion, nirvana de tous les actionnaires qui se précipitaient vers l’industrie du Livre, réputée stable.</strong></div> <div><strong><strong><span style="font-family:Helvetica, sans-serif;font-size:12px;font-weight:300;">En effet, plus ce système était efficace, mieux on savait combien allait rapporter tel ouvrage mis « à l’office » à un nombre d’exemplaires déterminé par avance. Tel ouvrage sera placé à 1 000, à 5 000 ou à 10 000 copies, réparties sur les différentes librairies « en office ». </span><strong style="font-family:Helvetica, sans-serif;font-size:12px;">Il suffit alors d’appliquer un ratio moyen de retours probables, un autre de réassorts espérés, et on obtient une fourchette assez précise de ce que rapportera le produit. </strong><span style="font-family:Helvetica, sans-serif;font-size:12px;font-weight:300;">C’est magique ! Les contrôleurs de gestion devinrent plus nombreux que les éditeurs.</span><br style="font-family:Helvetica, sans-serif;font-size:12px;font-weight:300;" /><br style="font-family:Helvetica, sans-serif;font-size:12px;font-weight:300;" /><span style="font-family:Helvetica, sans-serif;font-size:12px;font-weight:300;">La troisième génération de libraires alla plus loin. L’écrasante majorité n’admettait pas que quelques diffuseurs indépendants résistent encore à la pratique de l’office, et préfèrent toujours - les naïfs ! - envoyer leurs représentants sur les routes présenter les parutions à venir.</span><strong style="font-family:Helvetica, sans-serif;font-size:12px;"> Mieux : les « délais de garde » et autres contraintes de temps qu’imposait l’office volèrent en éclat.</strong><br style="font-family:Helvetica, sans-serif;font-size:12px;font-weight:300;" /><br style="font-family:Helvetica, sans-serif;font-size:12px;font-weight:300;" /><span style="font-family:Helvetica, sans-serif;font-size:12px;font-weight:300;">Comme certains diffuseurs prirent des libertés avec les contrats - plutôt que d’envoyer deux exemplaires de tel best-seller supposé, on envoyait deux… présentoirs de cinq ! -, les libraires ne se privèrent pas de faire leurs accrocs aux engagements.</span><strong style="font-family:Helvetica, sans-serif;font-size:12px;"> Ils renvoyaient les livres au bout d’un mois, voire sans ouvrir les cartons, et la première partie de la rencontre régulière entre le libraire et le représentant consista désormais en « cérémonie des retours » : la pile de rossignols oubliés dans les rayons pour lesquels il fallait signer une Autorisation de retour.</strong><span style="font-family:Helvetica, sans-serif;font-size:12px;font-weight:300;"> Un diffuseur — Harmonia Mundi pour ne pas le nommer — accorda même le droit de retour intégral sur son catalogue et la mensualisation des traites, désormais identiques chaque mois et équilibrées en fin d’exercice.</span><br style="font-family:Helvetica, sans-serif;font-size:12px;font-weight:300;" /><br style="font-family:Helvetica, sans-serif;font-size:12px;font-weight:300;" /><a class="lightbox" href="http://www.actualitte.com/images/news/10523.jpg" style="color:#7aa371;font-weight:300;font-family:Helvetica, sans-serif;font-size:12px;"><img class="img_news" src="http://www.actualitte.com/images/news/v-10523.jpg" alt="" align="left" style="border:0pt none;vertical-align:middle;height:auto;float:left;margin:3px 1px 12px 0px;padding:3px;background:rgba(255,255,255,.26);" /></a><span style="font-family:Helvetica, sans-serif;font-size:12px;font-weight:300;">Autant dire que la durée de vie des livres en librairie tient maintenant plus du string que de la combinaison de Bonne-Maman… La déresponsabilisation des libraires est désormais totale : le choix qu’ils ont sur la nature et la couleur de leur stock, seule manière pourtant de se démarquer de la distribution de masse, est de plus en plus restreint. </span><strong style="font-family:Helvetica, sans-serif;font-size:12px;">Alors, les livres valsent, vont et viennent, les uns chassant les autres à la vitesse de steaks sous vide au rayon frais. Ils sont devenus une classe particulière de manutentionnaire spécialisé, dont le souci de </strong><strong style="font-family:Helvetica, sans-serif;font-size:12px;">standardisation les incite à se cantonner aux cinq grands diffuseurs… </strong><span style="font-family:Helvetica, sans-serif;font-size:12px;font-weight:300;">Les autres, ils n’auront pas le temps de faire les retours.</span><br style="font-family:Helvetica, sans-serif;font-size:12px;font-weight:300;" /><br style="font-family:Helvetica, sans-serif;font-size:12px;font-weight:300;" /><strong style="font-family:Helvetica, sans-serif;font-size:12px;">Ces deux dernières décennies, le taux de retour moyen est passé de 12 à 35 % ! Et les éditeurs, à la fois otages et complice de leur diffuseur(3), ne sont pas exempts de torts dans cet engrenage stupide. </strong><span style="font-family:Helvetica, sans-serif;font-size:12px;font-weight:300;">Bien au contraire, ils alimentent allègrement cette machine à perdre qui court pour fuir son ombre. Maintenant que leurs contrôleurs de gestion « savent » combien de pognon est susceptible de générer le prochain produit, les éditeurs financent les retours du précédent produit avec les offices du produit suivant, s’obligeant par là à produire pour continuer à… produire.</span><br style="font-family:Helvetica, sans-serif;font-size:12px;font-weight:300;" /><br style="font-family:Helvetica, sans-serif;font-size:12px;font-weight:300;" /><span style="font-family:Helvetica, sans-serif;font-size:12px;font-weight:300;">À défaut de créer.</span></strong></strong> <div style="font-family:Helvetica, sans-serif;font-size:12px;font-weight:300;text-align:right;"><strong><br />Nicolas Grondin est éditeur à L'Arganier.</strong></div> <strong><em><br />1. Dit contrat d’office. Le mot « office » est resté dans la profession pour désigner les envois systématiques de nouveautés des diffuseurs aux libraires.<br />2. Qu’il vaudrait mieux appeler « loi Lindon », tant l’ancien éditeur de Minuit a œuvré pour qu’elle voit le jour.<br />3. Syndrome de Stockholm, peut-être ?</em></strong></div> </td> </tr> </tbody> </table>
  • Ca finit par être...
    <p class="float:left"><img src="https://www.chumeditions.com/img/cms/couvertures/img_categories/boy-666803_640.jpg" alt="" width="160" height="107" /></p> <p style="line-height:65px;">Note à l'intention des auteurs qui nous reprochent de ne pas les diffuser.</p> <p>Note à l'intention des auteurs qui nous reprochent de ne pas les diffuser.</p> <p style="margin:0px 0px 10px;color:#666666;font-family:Helvetica, sans-serif;font-size:12px;background-color:#ffffff;">Certains, heureusement ils sont peu nombreux, confient un manuscrit et s'abandonnent, laissant à la maison d'édition le soin de tout entreprendre pour le faire connaitre et pour vendre leurs livres. Ne rêvons pas, c'est sympa d'avoir un article dans le journal local, mais ça n'a jamais propulsé les ventes. Quant à passer chez ceux qui ont pignon sur antenne, regardez leurs émissions, ce n'est que de la cooptation. Pour ce qui est de la diffusion qui s'accompagne du glaive du droit de retour, lisez les autres articles.</p> <p style="margin:0px 0px 10px;color:#666666;font-family:Helvetica, sans-serif;font-size:12px;background-color:#ffffff;">Un éditeur n’est pas l'agent commercial de son auteur, plus encore quand il est de petite taille. Les sociétés de diffusion-distribution ne nous ouvrent pas leurs portes. Il appartient à l’auteur de défendre son texte, et l'éditeur ne peut l'accompagner qu'en l'aidant dans ses prises de rendez-vous pour des dédicaces ou en l'inscrivant à des salons. Mais il ne peut pas agir seul pour le compte de l'auteur. Son métier c'est de faire le tri dans les manuscrits qu'il reçoit, d'amender le texte avec l'auteur en direction d'ouvrage et de s'occuper de la réalisation et la mise en production.</p> <p style="margin:0px 0px 10px;color:#666666;font-family:Helvetica, sans-serif;font-size:12px;background-color:#ffffff;">Les auteurs doivent comprendre la problématique d’un petit éditeur, ses difficultés, être conscients que le marché du livre n’est pas simple, apprendre à découvrir comment il fonctionne.</p> <p style="margin:0px 0px 10px;color:#666666;font-family:Helvetica, sans-serif;font-size:12px;background-color:#ffffff;">Que ceux à qui nos toutes petites structures ne conviennent pas se fassent éditer par les très grands, s’ils veulent bien les accepter. Aucun auteur n'est attendu. L'édition littéraire n'a pas besoin de l'auteur lambda pour travailler. </p> <p style="margin:0px 0px 10px;color:#666666;font-family:Helvetica, sans-serif;font-size:12px;background-color:#ffffff;">A bon entendeur, si vous pensez qu'on va tout faire à votre place, passez votre chemin. Malgré notre bonne volonté, ce n'est pas possible ! Mais, nous vous aiderons.</p> <p style="margin:0px 0px 10px;color:#666666;font-family:Helvetica, sans-serif;font-size:12px;background-color:#ffffff;">Un livre ça se vend à l'unité, patiemment, un par un dans des salons ou pendant des séances de dédicaces.</p> <p style="margin:0px 0px 10px;color:#666666;font-family:Helvetica, sans-serif;font-size:12px;background-color:#ffffff;"><strong>Il faut toujours se demander lequel des deux rend service à l’autre.</strong></p> <p style="margin:0px 0px 10px;color:#666666;font-family:Helvetica, sans-serif;font-size:12px;background-color:#ffffff;"><strong>C'est un peu brutal, j'en conviens, mais ça permet de remettre l'église au milieu du village, comme on dit.</strong></p>

Vous n'êtes peut-être pas au bon endroit.

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